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"Bonjour ! Je viens de terminer Les 12
vies d'Anatole. Très intéressant. Ce livre m'a
ravie car il explique clairement le travail de que je fais
en thérapie
de régression avec mes clients et que j'enseigne lors
de la formation que je donne : revisiter la vie, faire les
pardons et nettoyer les énergies! Je le recommanderai à mes étudiants
avec plaisir !" Louisane
"J'ai
terminé votre livre et je dois dire que j'ai passé
de très bons moments en sa compagnie. A aucun moment
on ne perd le fil de l'histoire de ces 12 vies, tout cela
a
été bien ficelé, la transition entre chaque
vie se fait clairement, on retrouve toujours les circonstances
de cause à effet. Vous nous faites effectuer un magnifique
voyage dans l'inconscient. Je n'ai eu qu'une envie, c'est
d'aller jusqu'au bout. C'est avec beaucoup d'émotions
que je l'ai lu, il y avait une grande résonance avec
l'accident que j'ai eu et qui m'a fait découvrir,
hélas pas
assez longtemps, ce bien être d'être tout là-haut
dans un angle au plafond, simplement reliée par un
fil au corps allongé sur le lit. Bravo Patrick, continuez
à nous faire voyager et à nous faire prendre
conscience que notre âme est éternelle." Lucette
"Je viens de terminer votre livre, super, je me suis régalé! Un super roman qui conduit à se poser vraiment beaucoup de questions
et à trouver des réponses concernant certains
aspects de sa propre vie. Vivement le prochain!!!!" J.M.
"Merci pour le bouquin que je viens de finir, et qui est
ma foi très bien. Je suis encore dedans puisque j'ai
passé la journée à le lire, n'ayant rien
d'autrement plus urgent à faire dans ce moment de ma
vie. Merci aux guides aussi... Etant de mon côté
à la croisée de chemins, je guette les futurs
possibles qui ne manquent pas de se présenter, pour le
meilleur et... pour le meilleur semble-t-il! Souhaitons longue
vie à Anatole ainsi qu'un vrai cheminement dans les consciences."
Alain

Premier Chapitre
« Tu as vu comment il s’appelle, celui-là?
- Non ?
- Anatole ! C’est un drôle de prénom.
- Oui, ce n’est pas commun.
- Il est plutôt beau gosse, tu ne trouves pas ?
- Oui, mais dans l’état où il se
trouve, tu aurais du mal à faire des galipettes
avec lui !
L’aide soignante part dans un grand éclat
de rire, ce qui donne du grain à moudre à sa
collègue :
- Tu sais, il y a toujours moyen, du moment que « ça » fonctionne
!
- Arrête, si le docteur nous entendait !
Le docteur non, mais Anatole les entend, ces aide soignantes,
et elles commencent à l’agacer avec leur
humour au raz des pâquerettes. Il les voit aussi,
s’affairant autour de ce lit d’hôpital
aux draps trop blancs, mais la vision qu’il a de
la scène n’est pas commune : il les voit
d’en haut ! Comme s’il était collé au
plafond. Et il l’est en fait, sa conscience tout
du moins, car il se trouve exactement au-dessus du lit
autour duquel s’affairent les aide soignantes.
Il les voit arranger les draps d’un geste sec et
mécanique, mettre de l’eau dans la cruche
sur la table de nuit pour d’éventuelles
fleurs à venir, aérer quelques minutes
la pièce, puis revenir vers ce lit où est
allongé ce corps inerte, ce corps… qui
est le sien !
Anatole réalise soudain : ce corps allongé sur
ce grand lit blanc, comme un cadavre… Mais comment
peut-il être à la fois là, et… là ?
- Il est entré quand, hier ?
- Non, ce matin. Il a passé la nuit au bloc. D’après
le Docteur, il est dans le coma.
Anatole ne peut résister à l’envie
de crier… mais aucun son ne sort de sa bouche
! Il essaye de nouveau, mais rien à faire, c’est
comme si on lui avait collé un gros morceau de
sparadrap sur les lèvres.
- De stade 4 ?
- Comment ?
- Tu sais qu’il y a plusieurs stades de coma ?
- Ah oui ! je pense qu’il en est au stade 3, qu’on
appelle « coma de carus » : il ne ressent
plus la douleur, c’est comme s’il n’était
plus là…
« Mais non, justement, je suis là, au-dessus
de vous ! …. Non, rien à faire… elles
ne m’entendent pas ».
Anatole est désespéré : il comprend
maintenant ce qui lui arrive, et cela lui fait subitement
peur. A ce moment précis, il ressent comme une
aspiration vers le bas, une sorte de ventouse qui l’attire
et qui l’oppresse en même temps. Dans cette
descente brutale, une douleur insupportable se fait sentir
au niveau de son crâne. Il réalise alors
qu’il est revenu dans son corps. Mais c’est
horrible, la douleur est insoutenable : tous ses organes,
tous ses muscles sont à vif, ça lui fait
mal de partout. Les visages des aide soignantes sont
tout proches maintenant, mais ils sont flous et semblent
s’effacer par moments, au rythme des pulsations
de son cœur qui bat la chamade. Il essaye de crier
mais seul un spasme secoue légèrement sa
poitrine.
- Hé ! dis donc, regarde un peu le cardiogramme,
on dirait qu’il a bougé !
- Attends… oui, c’est sensible mais… on
dirait que c’est revenu comme avant, maintenant.
Anatole se retrouve de nouveau au plafond, au-dessus
de ce lit où repose son corps physique, tel un
cadavre en sursis, un pantin désarticulé d’où partent
des tuyaux reliés à des bocaux...
Il ne peut s’empêcher de penser à ses
proches. Comment vont-ils réagir en le voyant
dans cet état ? Et Antonia, si sensible et si
fragile ? Elle qui s’inquiète dès
qu’il fait une crise d’asthme…
Les aide soignantes sont parties. Le silence envahit
la chambre d’hôpital comme une brume matinale
d’hiver s’empare de la campagne…
Profitant de ce moment de solitude, Anatole tente de
recoller les morceaux du puzzle. Comment en est-il arrivé là ?
La conscience collée au plafond il regarde son
corps, tout en bas, qu’il ne reconnaît plus
: le visage est livide, les paupières boursouflées,
des traits rouges lézardent son front tuméfié.
Son crâne a disparu sous les bandelettes, son bras
gauche est dans le plâtre, sa jambe gauche est
tenue bien droite par une attelle, suspendue par un système
de poulies.
Bizarrement, ce corps lui semble étranger. Il
ne ressent rien : ni douleur, ni émotion. Juste
une sorte de malaise grandissant et qui persiste. « Si
je m’en allais de là ? » Oui mais… Anatole
réalise qu’il ne peut pas ! Il essaye plusieurs
fois mais, rien à faire, ça ne marche pas.
Une angoisse l’envahit soudain : prisonnière
! sa conscience est prisonnière : elle ne peut
s’échapper de la pièce. « Non,
non ! c’est trop injuste ! mais comment … comment
j’en suis arrivé là ?» Il tente
de se souvenir, mais rien ne vient, à part quelques
images fugaces, morcelées comme dans un kaléidoscope
: les rafales de pluie qui giflent le pare-brise, le
coup de klaxon, les phares de la voiture en face qui
se rapprochent rapidement, trop rapidement, puis le choc
! Assourdissant, comme un coup de poing sur le nez qui
fait jaillir le sang et les étoiles dans la tête
en même temps. Et puis plus rien…
« Je suis mort ?? »
Entre cet instant et celui où il est s’est
retrouvé au plafond, au-dessus de son corps dans
cette chambre d’hôpital, le blanc total,
le trou de mémoire…
- Mais qu’est-ce que j’ai fait au Ciel ?
- Tu l’as oublié.
- Hein ? ? ! Qui a parlé ?
- ….
- Qui a dit ça ? Il y a quelqu’un ici ?
- Tu l’as oublié le Ciel, voilà pourquoi
tu en es là.
Anatole tente de localiser la voix qui lui parvient
mais elle semble venir de plus haut, et pourtant il ne
voit personne. Cette voix n’est pas comme une voix
sonore non, un peu comme si les mots se formaient dans
son esprit. D’ailleurs, Anatole réalise
que ses propres réponses ne sont pas audibles,
elles semblent provenir également de son esprit.
- Qui es-tu ?
- On va dire : ton guide.
- Mon guide ? J’ai un guide, moi ?
- Oui, comme tous les humains. Ton ange gardien, si tu
préfères.
- Mon ange gardien ? Je pensais que c’était
une invention des curés !
- Qu’importe ! je suis là parce que j’ai
entendu l’appel de ton âme.
- Mon âme ? mais…
- Oui, je sais, c’est un peu compliqué pour
toi, mais tu finiras par comprendre. Je voulais juste
te dire que je suis là si tu as besoin de moi.
- Je te remercie, mais… j’y comprends rien,
moi ! Explique-moi pourquoi je suis là, collé au
plafond au-dessus de mon corps, dans cette chambre d’hôpital
?!
- Tu as eu un accident grave, mortel même. Mais
bon, ce n’était pas ton heure…
- Donc, je ne suis pas mort ?
- Non, mais tu es… disons « entre parenthèses »,
si tu veux. Entre la vie et la mort, comme vous dites
sur Terre.
- Mais… pourquoi je suis là, et mon corps
en bas ?
- A cause de la douleur. Ta conscience s’est détachée
de ton corps physique pour ne pas ressentir la douleur.
- Ok, je comprends… mais quand est-ce que je vais
le réintégrer, ce corps physique ?
- Cela dépend de toi. Des capacités de
récupération de ton corps qui est dans
un sale état, mais également de ta capacité à comprendre
certaines choses…
- Certaines choses ? De quoi veux-tu parler ?
- Disons certaines choses de la Vie, et de TA vie également.
Pourquoi tu en es arrivé là, par exemple.
- Tu veux dire ici, dans cette chambre d’hôpital
? Mais justement je n’en sais rien ! !
- Je vais t’aider à t’en souvenir,
si tu le veux bien.
- Moi je veux bien, mais ça ne me dit pas quand
est-ce que je vais pouvoir réintégrer ce
corps et sortir de cet hôpital !
- Patience, c’est justement à cause de ton
impatience que tu en es arrivé là, alors
commence par être patient, s’il te plaît.
- … ok, j’ai pigé… Alors,
dis-moi ce que tu sais de moi. Puisque tu es soi-disant
mon « ange gardien », pourquoi ne m’as-tu
pas évité cet accident, hein ?
- Epargne-moi ce cynisme, s’il te plaît.
- Excuse-moi, ange gardien !
- Guide.
- Pardon ?
- Je préfère le mot « guide »,
si tu veux bien. Comme le guide de haute montagne, je
te surveille mais si tu prends trop de risques, tu les
assumes !
- Ok, alors mon guide, dis-moi quels sont les risques
que j’ai pris pour finir sur ce lit d’hôpital
entre la vie et la mort ?
- Et bien regarde…
Dans la seconde qui suit, Anatole voit apparaître
un écran blanc, comme au cinéma, sur lequel
des images commencent à se former. Tout d’abord
floues, aux contours incertains, ces images se précisent
peu à peu.
Il se revoit sortir de chez Antonia en claquant la porte,
dévaler les escaliers en trombe, retrouver sa
voiture dans le parking, allumer rageusement le contact
et sortir du parking comme un bolide, sous la pluie battante.
- Tu te souviens de ça ?
- Oui… tu vas dire que j’étais sacrément énervé mais,
franchement, il y avait de quoi ! Antonia venait de me
poser un ultimatum. Non, mais tu te rends compte : un
ultimatum ! Comme à la guerre.
- Normal, puisque tu te comportais comme un guerrier.
- Quoi ? !!
- Elle t’a posé un ultimatum parce que c’était
la seule façon de te faire réagir, et la
seule façon de te faire comprendre à quel
point elle souffrait de cette situation.
- Mais… pourquoi elle ne me l’a pas dit
plus tôt ?
- Tu ne l’écoutais pas ! Elle te l’a
dit mais tu n’écoutais que toi : tes certitudes,
tes principes, tes désirs surtout. Regarde…
Anatole voit alors défiler les images de cette
fameuse nuit où tout avait commencé avec
Sylviane. Où la simple aventure avait tourné en
quelques semaines à la liaison clandestine. Il
se revoyait mentir à Antonia, prétextant
un surcroît de travail au bureau, son associé qui
comptait sur lui pour boucler au plus vite. Puis la fréquence
des retrouvailles avec Sylviane, la frénésie
qui s’emparait de lui à chaque fois qu’il
retrouvait son corps plein de désirs, les rendez-vous
de plus en plus risqués, puis de nouveau les mensonges,
le mal au crâne soudain quand Antonia le désirait.
Jusqu’à cette soirée où ce
foutu portable avait sonné au beau milieu de l’étreinte
:
- Allo ? oui, qu’est ce que tu veux ? Mais bien
sûr que je suis au boulot, qu’est-ce que
tu crois ?…. Y a pas de bruit parce que les machines
sont arrêtées. On… on n’avait
plus besoin d’imprimer, alors je finis un truc
sur l’ordi, mais je vais pas tarder à… Quoi
? Mais non, je te prends pas pour une idiote, qu’est-ce
que… ??? Antonia !!
Anatole se voyait maintenant se rhabiller à la
hâte, laissant Sylviane médusée et
inquiète à la fois, dans ce lit encore
imprégné de leurs odeurs suaves et de leurs
folles étreintes…
- Alors, qu’en penses-tu ?
- … de quoi ?
- Tu comprends maintenant ?
- Oui je sais, c’était une connerie cette
aventure. Je n’aurais jamais du commencer, c’est ça
?
- Je ne te juge pas.
- Ouais, tu ne me juges pas mais tu n’en penses
pas moins, n’est-ce pas ?
- Un guide ne pense pas, tout du moins pas comme le font
les êtres humains. D’ailleurs, ça
leur pose pas mal de problèmes, de penser comme
ils le font.
- S’il te plaît, dis-moi ce qu’il y
a de mal à répondre aux avances d’une
jolie personne qui a envie de toi ?
- Mais il me semble que tu étais déjà lié,
non ?
- Oui, mais avec Antonia, c’était plus ça…
- Que signifie « ça » pour toi ?
- C’était plus comme…
- Comme au début de votre relation ?
- Oui, voilà !
- Comme tu voulais surtout !
- Comment ça ?
- Au bout de quelques années, la passion s’essouffle
et le couple doit accepter de passer à autre chose, à une
autre dimension de l’Amour.
- Oui, mais…
- Et toi, comme beaucoup d’hommes sur cette planète,
tu ne voulais pas lâcher « ça »,
comme l’appellent les psys. Antonia était
prête à évoluer vers cette autre
dimension de l’Amour, mais toi ?
- Et bien, oui je le reconnais. Pour un homme, le plaisir
physique, la jouissance, c’est plus important que
pour la femme. Il faut… il faut bien que ça
sorte, tu comprends ? En plus, je suis encore jeune,
je n’ai que trente six ans ! Mais tu ne peux pas
comprendre ça, tu n’es pas un être
humain.
- Ah pardon ! Je peux le comprendre. Avant d’être
guide, j’ai été un humain plusieurs
fois.
- Ah bon ? Mais je pensais que les anges étaient
des êtres asexués qui n’avaient jamais
connu l’incarnation.
- Cela dépend des guides. Comme sur Terre, il
y a plusieurs sortes de guides, plusieurs hiérarchies,
si tu préfères. Disons que je suis un guide
intérimaire.
- Et tu étais quoi, ou plutôt qui, dans
ta dernière incarnation ?
- Ne perdons pas le fil de notre discussion, si tu veux
bien, d’accord ?
- Ok, alors est-ce que tu peux comprendre que j’avais
des envies, des besoins, à cette époque
?
- Oui, mais tu n’as pas voulu tenir compte d’Antonia.
Tu n’as pensé qu’à toi, à ton
propre plaisir, n’est-ce pas ?
- Si tu veux, mais j’ai cru qu’une aventure
sans conséquences…
- Une aventure n’est jamais sans conséquences,
tu le sais à présent. Ou alors, elle est
décevante et elle est génère une
frustration, qui appelle un autre désir d’aventure.
Et lentement, s’installent les pensées obsessionnelles,
les fantasmes.
- Mais justement, c’est pour ne plus avoir de fantasmes
que j’ai eu l’idée de cette aventure.
- Et bien, voilà le résultat !
- …. tu me fatigues, guide ! C’est un peu
trop pour moi, là ! Me voilà en suspension
entre la vie et la mort, entre le plancher et le plafond
de cette chambre d’hôpital et tu ne trouves
rien de mieux à me dire, pour me remonter le moral,
que ces reproches par rapport à ma vie sentimentale.
- Sexuelle.
- Pardon ?
- Ta vie sexuelle. Sylviane et ce « dérapage » faisait
partie de ta vie sexuelle, pas sentimentale.
- Bon, si tu veux…. Mais cette façon de
me faire la morale m’agace. On n’est plus
au Moyen-âge, tout de même ! Et puis, si
je n’avais pas eu cette aventure, je m’en
serais voulu.
- Ah bon ? Et quand tu as claqué la porte sur
l’annonce de l’ultimatum d’Antonia,
tu ne t’en es pas voulu ? Regarde…
Anatole se voit alors rouler trop vite sur cette route
de campagne, les mains crispées sur le volant,
les sourcils froncés et les yeux embués
par les larmes qui ont du mal à sortir. « Elle
ne voudra plus de moi, c’est sûr à présent.
J’ai tout gâché ! » Puis la
gorge qui se serre, ces larmes qui ne viennent pas, le
poing qui s’abat sur le volant, le cri de rage
qui sort de sa poitrine, ces phares qui surgissent soudain
du néant et l’aveuglent, puis… le
choc.
(.../...)
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© 2006-2010 Patrick Giani - tous droits de reproduction,
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