Dans les sociétés primitives, le culte des
morts était souvent
associé au culte du Veau d'or, notamment chez les
adorateurs de Baal. On invoquait les morts afin de mieux
prospérer
dans ses affaires ou de s'attirer les faveurs de quelqu'un.
Selon les récits bibliques, des prostitués,
mâles
et femelles, servaient sexuellement dans les temples et
certains passages rapportent, parmi les rituels chaldéens,
des sacrifices d'enfants pour obtenir les faveurs de la
divinité :
"Ils
ont bâti des hauts lieux à Baal, pour brûler
leurs enfants au feu en holocauste à Baal, ce
que je n'avais ni ordonné ni prescrit..." (le
livre de Jérémie 19:5).
Or, quand on rend un culte à quelqu'un
ou à quelque
chose, on participe à la création - ou on alimente
- ce que l'on appelle un égrégore. Pour
mémoire,
un égrégore
désigne un esprit de groupe, une entité psychique
autonome ou une force produite et influencée par les désirs
et émotions de plusieurs individus unis dans un but commun.
Cette force vivante fonctionne le plus souvent comme une entité autonome,
en positif lorsqu'elle est mue par l'amitié, l'amour,
le partage, en négatif quand elle est motivée
par le pouvoir, le sexe ou l'argent.
A quoi pouvons-nous apparenter le Veau d'or, dans
cette société hypermatérialiste, sinon à l'argent
et au système qui le représente partout dans le
monde : la Bourse?

Quelle différence existe-il entre ces païens de l'époque
de Moïse
adorant le Veau d'or et ces opérateurs boursiers paniquant
devant les écrans de Wall Street lors de la crise de
2008?

De toute évidence, l'égrégore représenté par
le monde de la Bourse, les traders et les spéculateurs
est en train de nuire à l'économie
mondiale, et si cela perdurait il pourrait mener l'humanité dans
son ensemble à sa perte.
Devant le recul des valeurs spirituelles d'antan, la morale, le
respect, la solidarité et le rapport au Divin, la majorité
des êtres humains ne croit plus en rien sinon... à l'argent.
Le dieu argent est devenu le nouveau Veau d'or. Mais le dieu
argent divise, isole et pervertit les individus. Plus grave encore,
il crée un immense fossé entre les pays riches
et les pays pauvres. Selon le rapport des Nations unies pour
l’agriculture
et l’alimentation (FAO), un enfant meurt
de faim toutes les cinq secondes. Or, il faut parfois moins de
cinq secondes à un trader pour réaliser un gain
de 2 millions de dollars!
Et pas un seul de ces dollars ne quitte le circuit de la spéculation,
pas un seul qui pourrait nourrir un seul de ces enfants...
Devant de telles injustices, on ne peut que pleurer ou... agir.
Bien que nous n'ayons pas les pouvoirs d'un politique, d'un
homme de loi ou d'un banquier, nous pouvons en parler autour de
nous, donner généreusement
aux ONG ou parrainer un enfant afin de lui donner quelque
chance de s'en sortir.
On peut également refuser de participer aux spéculations
boursières et boycotter certains produits de consommation.
Mais plus que tout, il est nécessaire
que les êtres
humains redeviennent des êtres... humains. Face à la
pulsion de mort qui gangrène
toute la société, gardons au fond du coeur la pulsion
de vie qui anime les hommes de bonne volonté depuis
l'aube de l'humanité. Cette pulsion de vie qui peut
renverser le Veau d'or et rendre le pouvoir, usurpé par
les morts, aux vivants.
Hymne à la vie
De plus en plus de gens prennent conscience
du cercle infernal de la consommation et du "Travailler plus
pour gagner plus"
qui s'avère être un leurre. Leur devise pourrait être "Travailler
moins pour vivre mieux". Une utopie?
Alors, dès à présent, sans pour autant perdre le sens des responsabilités,
essayez de ralentir votre rythme de vie: prenez du temps pour
flâner dans la campagne, pour vous relaxer
en écoutant de la musique, pour lire un livre
sur la spiritualité ou pour méditer dans le silence. Prenez le temps de faire une courte sieste après
le déjeuner, de passer du temps avec vos enfants et d'écouter
le chant des oiseaux au petit matin.
Au bout de quelques jours, vous constaterez
que non seulement vous serez moins stressé mais que la Providence
vous amène ce dont vous avez besoin au fur et à mesure que les
jours s'écoulent.
Comme le disait si bien Jésus-Christ "A chaque jour
suffit sa peine".*
Pendant que
vous prenez le temps de vivre, vos émanations
deviennent plus lumineuses, plus légères, plus joyeuses
et elles attirent les pensées de ceux qui apprécient
vos qualités, vos dons et vos capacités. Ainsi,
le rendez-vous que vous souhaitiez se décide enfin sans
que vous insistiez, la place
que vous convoitiez se libère et vos amis vous invitent
plus souvent. Ce
n'est pas un miracle, c'est simplement parce que vous avez aligné
votre rythme de vie avec celui du Temps sacré.
Le Temps sacré est celui de l'Univers, cette pulsion de
vie qui rapproche les coeurs, qui met en place les meilleurs
rendez-vous, qui tisse une toile de Lumière entre les
hommes et les femmes de bonne volonté. Puisse-t-il nous
rapprocher un peu plus chaque jour de la "nouvelle saison" afin
que nous puissions entonner de nouveau un vibrant Hymne à la
Vie.

* Evangile
de Matthieu (6.31 34) : "Ne vous inquiétez
donc pas, en disant: Qu'allons-nous manger? Qu'allons-nous
boire? de quoi allons-nous nous vêtir? Tout cela,
les païens
le recherchent sans répit. Il sait bien, votre Père
céleste, que vous avez besoin de toutes ces choses.
Cherchez d'abord le royaume et la justice de Dieu, et tout
cela vous sera donné par surcroît. Ne vous
inquiétez donc pas pour le lendemain; le lendemain
s'inquiétera de lui-même. A chaque jour suffit
sa peine. (traduction TOB)"
© 2010 Patrick Giani
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