Spiritualité

La période hippie des années 70

La période hippie des années 70

Extrait du livre O SOME MIO tome 2
De Patrick Giani

« Quelques semaines après notre arrivée eut lieu dans le village de Mirleft une fête berbère qui m’a beaucoup marqué.
Dès le coucher du soleil, nous avions entendu les rythmes des percussions marocaines et les flûtes en bois résonner dans le village. Intrigués, nous avons rejoint la rue centrale où avaient pris place les musiciens, une bonne dizaine, qui se relayaient afin qu’il y ait toujours de la musique. A leur gauche se tenaient une vingtaine d’hommes, habillés de couleurs vives, dansant en brandissant fièrement leurs dagues. A leur droite une vingtaine de femmes aux vêtements richement ornés de bijoux et d’étoffes multicolores, dansaient et chantaient avec tout leur cœur. Elles étaient joyeuses, je sentais qu’elles exprimaient tout ce qu’elles ne pouvaient dire au quotidien, surtout à leurs hommes qui étaient assez machos.  Cependant, quand je compare avec les musulmans de nos jours, je dois dire qu’elles n’étaient pas aussi soumises. D’ailleurs, j’ai retrouvé sur le Web une photo datant des années 70 où l’on peut distinguer sur leurs visages la joie dont je parle.

La période hippie des années 70

Cette fête marocaine fut également l’occasion de lier quelques amitiés avec les autres hippies du village et d’alentour.  Il y avait pas mal d’anglais et d’américains à Mirleft à cette époque. Parmi les anglais, un couple se rapprocha de notre groupe de français: Patricia et son compagnon, dont j’ai oublié le prénom. Ils pratiquaient le yoga de façon quotidienne et étaient branchés mystique.
Ils nous ont invités à boire un thé et nous avons partagé un joint en écoutant de la musique. Au dos de la pochette de l’album d’un groupe anglais, un texte m’a interpellé. J’ai demandé à Trisha (elle préférait qu’on l’appelle ainsi) si elle pouvait me le traduire car, malgré deux années d’anglais au lycée et une tournée avec des américains, je ne maîtrisais pas tout à fait la langue de Shakespeare. Elle ne se fit pas prier car elle parlait assez bien français. C’est ainsi que j’ai pu retranscrire ce beau texte, que j’ai toujours conservé dans mes archives.
Le voici traduit par Trisha, il en existe d’autres versions mais je préfère celle-ci car elle utilise le tutoiement au lieu du vous anglais, un peu trop rigide :

« Va calmement au milieu du bruit et de la hâte.
Et souviens-toi quelle paix il peut y avoir dans le silence.
Autant que possible, et sans relâche, sois en bons termes avec tout le monde.
Dis ta vérité calmement et clairement, et écoute les autres, même les ennuyeux et les ignorants ; eux aussi ont leur histoire.
Évite les personnes agressives et violentes ; elles ne sont que vexations pour l’esprit.
Si tu te compares à autrui, tu pourrais devenir vaniteux ou amer, car il y aura toujours plus petit ou plus grand que toi.
Réjouis-toi aussi bien de tes projets que de tes œuvres .
Accorde un intérêt sincère à ton travail, même s’il est humble, c’est un bagage précieux dans les courants changeants de la vie.
Sois prudent dans tes affaires, car le monde est plein de malhonnêteté ; mais que ceci ne t’aveugle pas envers la Vertu qui existe.
Beaucoup de gens aspirent à des idéaux élevés et partout on parle d’héroïsme. SOIS TOI-MEME.
Surtout, ni ne feins l’affection, ni ne sois cynique envers l’amour; car face à toute la stérilité et au désenchantement, il est aussi éternel que l’herbe des prés.
Prends aimablement le conseil des ans tout en délaissant gracieusement les choses de la jeunesse.
Amasse la force de l’esprit afin de te protéger de l’infortune soudaine ; mais ne te trouble pas avec des choses imaginaires ; la peur naît souvent de la fatigue et de la solitude.
Au delà d’une discipline saine, sois gentil avec toi-même ; tu es un enfant de l’UNivers, au même titre que les étoiles et les arbres.
Tu as une raison d’être, et même si cela ne te semble pas clair, sans aucun doute l’Univers se déploie comme il se doit.
Ainsi, SOIS EN PAIX AVEC DIEU, quelle que soit la conception que tu as de lui, et quels que soient ton labeur et tes aspirations, dans la confusion bruyante de la vie, SOIS EN PAIX AVEC TON AME.
Malgré toutes ses prétentions, ses peines et ses rêves irréalisés, c’est quand même un monde magnifique.
Fais attention…
ASPIRE à ETRE HEUREUX. »

A la fin du texte, l’album précisait “Parchemin trouvé en 1692 dans une église de Baltimore” mais plus tard j’ai appris que c’était un certain Max Ehrmann qui l’avait rédigé en 1927.
En 1959, le Révérend Frederick Kates, recteur de l’Église de Saint-Paul à Baltimore, a utilisé le poème dans une compilation où se trouvait l’annotation ”Eglise de Vieux Saint Paul, A.D de Baltimore. 1692.”  Plus le livre passait de main en main, plus les annotations ont été transformées, déformées. Voilà pourquoi, dans la période hippie des années 70, il a circulé comme un texte religieux. Mais qu’importe, puisqu’il a éclairé le chemin de vie de milliers de personnes… »

La période hippie des années 70

Cliquez sur l’image pour commander le livre

Partagez